Bâtiment et biodiversité

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Mur en pierres

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Flore

La flore des murs est très diversifiée avec plusieurs centaines d’espèces de plantes à fleurs, de fougères, de lichens et de mousses, adaptées aux milieux rocheux et tirant profit de la porosité des pierres et du mortier, ainsi que des espaces offerts par les anfractuosités.

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Capillaire des murailles – Asplenium trichomanes (fougère)

Faune

La faune des murs est également diversifiée, on y trouve notamment :

  • Reptiles : Lézard des murailles (Podarcis muralis), Lézard vert (Lacerta bilineata), Couleuvre d’Esculape (Zamenis longissimus), etc.
  • Amphibiens : Alyte accoucheur (Alytes obstetricans), Crapaud épineux (Bufo spinosus), Salamandre tachetée (Salamandra salamandra), etc.
  • Chauves-souris : Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus), Murin à moustaches (Myotis mustacinus), Orellard gris (Plecotus austriacus), etc.
  • Oiseaux : Martinet noir (Apus apus), Moineau domestiques (Passer domesticus), Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros), etc.
  • Mollusques : Petit-gris (Cornu aspersum), Perlée des murailles (Papillifera solida), etc.
  • Arthropodes : Cloporte commun (Armandillidium vulgare), Gendarme (Pyrrhocoris apterus), Moro-sphinx (Macroglossum stellatarum), etc.
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Lézard des murailles – Podarcis muralis (reptile)

Anticiper

Les démarches pour réaliser des travaux sans nuire à la biodiversité peuvent être longues : contacter sans attendre un écologue et la DDT(M) de votre département.


Demander conseil

Il est essentiel pour la réalisation des étapes suivantes de demander conseil auprès d’une association de protection de la faune sauvage, d’un naturaliste indépendant ou d’un bureau d’études en écologie qualifié à traiter cette problématique. Un accompagnement par un expert (l’écologue) est nécessaire pour certifier les espèces présentes ou l’absence d’espèces et prévoir des mesures adaptées durant les travaux.

Voir section « Qui contacter » de cette page ou voir la page dédiée aux structures susceptibles de réaliser un accompagnement biodiversité en Pays de la Loire.


Vérifier la présence d’espèces

L’occupation de toutes les cavités du mur doit être vérifié qui va être rejointoyée doit être vérifiée et les espèces recensées.

La flore du mur peut également être inventoriée et certaines espèces sont elles-mêmes susceptibles d’accueillir des espèces protégées (par exemple, le Troglodyte mignon – Troglodytes troglodytes peut construire son nid dans le Lierre grimpant – Hedera helix se développant sur un mur en pierre).

⚠ Certaines espèces sont très discrètes (les chauves-souris, par exemple) ou n’utilise le mur qu’une partie de l’année. La vérification de la présence d’espèces doit être réalisée par un spécialiste pour être fiable.


Adapter les travaux

 En fonction des résultats de l’étape précédente, il faudra adapter les travaux pour limiter leurs impacts en période de sensibilité :

  • oiseaux nicheurs : période de reproduction où les jeunes peuvent être mis en péril ;
  • chauves-souris : l’hibernation où les individus sont vulnérables. Dans le cas d’un gîte de reproduction : la période de mise-bas et d’élevage des jeunes.

Cela peut signifier en fonction des cas et de l’enjeu :

  • une modification du phasage pour éviter les travaux à cette période ;
  • une adaptation des méthodes d’intervention pour limiter les risques pour les individus ;
  • la mise en place de mesures par anticipation avec l’appui d’un écologue ;
  • une adaptation des méthodes d’intervention pour conserver des accès aux espaces utilisés.

Conserver les espaces occupés par la faune et la flore

Regarder un par un chaque espace dont l’utilisation par la faune ou la flore a été constaté et déterminer s’il peut être conservé tel quel ou avec des modifications mineures. Il est dans la majorité des cas possible de conserver une cavité dans un mur en pierre, sans que cela ne pose de problèmes structurelles ou d’étanchéité. Un spécialiste en maçonnerie de pierres sera capable de le déterminer.

La faune et la flore tirent profit de la dégradation des joints ou du mur pour s’y ‘installer mais ne le creusent pas directement. Les racines de certains ligneux, en infiltrant un joint, peuvent entraîner à termes le déchaussement d’une pierre. Les ligneux, peuvent également finir par déstabiliser un mur lorsqu’ils atteignent un certain stade de développement et donc un poids important. Il existe de nombreux cas, où des arbres se développant dans un mur ont atteint un stade adulte, sans mettre en péril le bâtiment (par exemple, le chêne sessile dans le mur de l’Église Saint-Didier de Cheillé) . À l’inverse, certaines plantes favorisent la stabilité du mur et c’est en les arrachant ou en « nettoyant » les surfaces avec une brosse ou un jet haute pression que les joints se détériorent.

Le « nettoyage » systématique des murs de pierre, visant notamment à éliminer la flore, est déconseillée pour la pérennité du mur. Si un risque est présumé pour la stabilité du mur, il est préférable de procéder seulement à l’enlèvement des jeunes ligneux.

Attention ! Si un espace occupé par une espèce protégée ne peut pas être conservé, il est nécessaire de déposer un dossier de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèce protégée. Voir la procédure.


Réinstaller des espaces favorables à la biodiversité

 Dès qu’un espace occupé ne peut pas être conservé, il faut prévoir :

  • 2 espaces équivalent pour oiseaux (ex : 2 nichoirs pour 1 nid d’Hirondelle détruit) ;
  • 3 espaces pour les chauves-souris (ex : 3 nichoirs pour 1 volet occupé démonté) ;
  • Surface ou quantité équivalente pour les amphibiens et les reptiles.

Ces espaces doivent être installés au plus près de la cavité initialement occupée pour faciliter la tâche de la faune qui cherchera à retrouver l’espace qui a été détruit.

Il est également pertinent de :

  • conserver toutes les cavités utilisables par le faune ne posant pas de problèmes structurelles, même si leur occupation effective n’a pas été constatée ;
  • privilégier un mortier à la chaux naturelle particulièrement favorable au développement de la flore ;
  • planter des grimpantes en pied de mur (par exemple, Lierre grimpant – Hedera helix).

Observer

Observer de loin (pour limiter le dérangement) la faune sauvage réinvestir son espace ou investir les nouveaux espaces installés.

Dans le cas où des espaces ont été installés en compensation de la destruction d’un espace préexistant (par exemple, 2 nichoirs pour 1 nid de Moineau détruit), l’observation afin de rendre compte de l’efficacité des dispositifs installés à l’administration, est obligatoire.

Ces cas courants sont des généralités, la méthode est susceptible de varier en fonction des spécificités du site.

Conserver des cavités occupés par la faune

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Cavités conservées pour le Martinet dans le cadre de la restauration des remparts de Guérande © LPO44
  1. Repérer l’ensemble des cavités utilisés par le Martinet et l’ensemble des cavités utilisables par le Martinet (⌀≥40 mm ou rectangle ~60 x 35 mm) avec du scotch ou des baguettes.
  2. Programmer les interventions à proximité des nids entre septembre et avril.
  3. Rejointoyer le mur en évitant les cavités signalisées.
  4. Pour chaque cavité qui n’a pas pu être conservée, il devra être installé 2 nichoirs ou 2 cavités devront être recréées artificiellement dans le mur. Par exemple pour le Martinet noir, la cavité doit comporter un accès de ⌀~40 mm ou de ~ 60 x 35 mm (largeur x hauteur) et avoir des dimensions internes d’~200 x 150 x 120 mm (profondeur x largeur x hauteur).

Dans tous les cas, il est nécessaire de faire vérifier la présence d’autres espèces et de faire valider les mesures prévus par un écologue.

La conservation de disjointement fragilise-t-elle le mur ?

Dans la plupart des cas, les cavités rebouchées dans le cadre d’un rejointoiement le sont pour des raisons esthétiques.

Il demeure que certaines peuvent entraîner des problèmes structurelles et/ou être à l’origine d’infiltrations. Il est donc nécessaire de faire vérifier la possibilité des les conserver sans danger par un maçon pierre.

La faune et la flore risquent-elles d’abîmer le mur ?

La faune et la flore tirent profit de la dégradation des joints ou du mur pour s’y ‘installer mais ne le creusent pas directement. Les racines de certains ligneux, en infiltrant un joint, peuvent entraîner à termes le déchaussement d’une pierre. Les ligneux, peuvent également finir par déstabiliser un mur lorsqu’ils atteignent un certain stade de développement et donc un poids important. Il existe de nombreux cas, où des arbres se développant dans un mur ont atteint un stade adulte, sans mettre en péril le bâtiment (par exemple, le chêne sessile dans le mur de l’Église Saint-Didier de Cheillé) . À l’inverse, certaines plantes favorisent la stabilité du mur et c’est en les arrachant ou en « nettoyant » les surfaces avec une brosse ou un jet haute pression que les joints se détériorent.

Le « nettoyage » systématique des murs de pierre, visant notamment à éliminer la flore, est déconseillée pour la pérennité du mur. Si un risque est présumé pour la stabilité du mur, il est préférable de procéder seulement à l’enlèvement des jeunes ligneux.

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La plupart des espèces occupant les murs sont des espèces protégées c’est à dire que :

«  sont interdits : […]

  • La destruction ou l’enlèvement des œufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle […] d’animaux de ces espèces.
  • La destruction, l’altération ou la dégradation [des] habitats d’espèces. » (ici, les habitats d’espèces sont la partie des fenêtre occupées) (article L411-1 du code de l’environnement).

La préfecture peut délivrer des dérogations à ces interdictions à condition « qu’il n’existe pas de solutions alternatives satisfaisantes […], que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle […] dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques ou pour d’autres raisons impératives d’intérêt public majeur. » (article L411-2 du code de l’environnement).

La violation de ces interdictions « est puni de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende ». (article L415-3 du code l’environnement).

  • Larramendy S., Burgisser Hinden H., 2024. Favoriser et connaître la biodiversité des murs. Guide pratique : lien.
  • Dépinoy M., Maugard V., 2025. Rénovation du bâtiment : accueillir le vivant en façade. Série de 4 fiches techniques – Fiche technique n°3 : Réfection de joints sur des murs de bâti en pierres apparentes : lien.
Illustration Batiment Et Biodiversité V5

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