Je réalise des travaux en façade
⚠ La plupart des espèces occupant les bâtiments sont des espèces protégées, adapter les travaux pour éviter qu’elles soient mises en péril et leur fournir un nouvel habitat, n’est donc pas optionnel. C’est une obligation réglementaire (voir section 6 « Ce que dit la loi – textes de références »).
Les habitants des façades
⚠ La liste des espaces et la liste des espèces n’est pas exhaustive. Les reptiles, amphibiens, insectes et autres plantes utilisant le bâti et les espaces associés ne sont pas indiqués.

Légende
Chauves-souris
fissuricoles
Oiseux cavernicoles
Hirondelles
Chauves-souris
occupant des volumes
La démarche à suivre
Anticiper
Les démarches pour réaliser des travaux sans nuire à la biodiversité peuvent être longues : contacter sans attendre un écologue et la DDT(M) de votre département.
Demander conseil
Il est essentiel pour la réalisation des étapes suivantes de demander conseil auprès d’une association de protection de la faune sauvage, d’un naturaliste indépendant ou d’un bureau d’études en écologie qualifié à traiter cette problématique. Un accompagnement par un expert (l’écologue) est nécessaire pour certifier les espèces présentes ou l’absence d’espèces et prévoir des mesures adaptées durant les travaux.
Voir section « Qui contacter » de cette page ou voir la page dédiée aux structures susceptibles de réaliser un accompagnement biodiversité en Pays de la Loire.
Vérifier la présence d’espèces
L’occupation de tous les éléments impactés directement ou indirectement par les travaux doit être vérifiée et les espèces déterminées. Ici, il faut vérifier l’intégralité des façades, mais aussi les éléments que les travaux en façades peuvent impacter : fenêtres, toitures et volumes inoccupés du bâtiment auxquels la faune sauvage peut accéder.
Si la présence d’un nid d’hirondelle de fenêtre est évidente, la présence de chauves-souris, par exemple l’est beaucoup moins. Leur détection passe souvent par la recherche de traces et la réalisation d’affût.
Adapter les travaux
En fonction des résultats de l’étape précédente, il faudra adapter les travaux pour limiter leurs impacts en période de sensibilité :
- oiseaux nicheurs : période de reproduction où les jeunes peuvent être mis en péril ;
- chauves-souris : l’hibernation où les individus sont vulnérables. Dans le cas d’un gîte de reproduction : la période de mise-bas et d’élevage des jeunes.
Cela peut signifier en fonction des cas et de l’enjeu :
- une modification du phasage pour éviter les travaux à cette période ;
- une adaptation des méthodes d’intervention pour limiter les risques pour les individus ;
- la mise en place de mesures par anticipation avec l’appui d’un écologue ;
- une adaptation des méthodes d’intervention pour conserver des accès aux espaces utilisés.
Conserver les espaces occupés par la faune
Regarder un par un chaque espace dont l’utilisation par la faune a été constatée et regarder s’il ne peut pas être conservé tel quel ou avec des modifications mineures. Par exemple, il est souvent possible de conserver des cavités en façade, un certain nombre ne posant ni des problèmes structurelles, ni des problèmes d’étanchéité.
Attention ! Si un espace occupé par une espèce protégée ne peut pas être conservé, il est nécessaire de déposer un dossier de dérogation à l’interdiction de destruction d’espèce protégée. Voir la procédure.
Réinstaller des espaces pour la faune
Dès qu’un espace ne peut pas être conservé, il faut prévoir :
- 2 espaces équivalent pour oiseaux (ex : 2 nichoirs pour 1 nid d’Hirondelle détruit) ;
- 3 espaces pour les chauves-souris (ex : 3 nichoirs pour 1 volet occupé démonté).
Ces espaces doivent être installés au plus près de l’espace initialement occupé pour faciliter la tâche de la faune qui cherchera à retrouver l’espace qui a été détruit.
Observer
Observer de loin (pour limiter le dérangement) la faune sauvage réinvestir son espace ou investir les nouveaux espaces installés.
Dans le cas où des espaces ont été installés en compensation de la destruction d’un espace préexistant (par exemple, 2 nichoirs pour 1 nid de Moineau détruit), l’observation afin de rendre compte de l’efficacité des dispositifs installés à l’administration, est obligatoire.
C’est ce qu’on appelle le suivi des mesures compensatoires.
Mon positionnement en tant que particulier
Résident – locataire : il est nécessaire d’alerter le propriétaire sur la présence ou la potentialité de présence d’espèces pouvant être impactés par les travaux. Il est possible de lui rappeler la réglementation et que la conservation des espèces protégées est une obligation (voir Partie 6).
Propriétaire : responsable des travaux qui ont lieu sur le bâtiment dont il est propriétaire et des impacts qu’ils peuvent avoir sur les espèces protégées. C’est donc à lui de réaliser les démarches administratives liées.
Mon positionnement en tant que maître d’ouvrage professionnel
Responsable des travaux qui ont lieu sur le bâtiment dont je suis propriétaire et des impacts qu’ils peuvent avoir sur les espèces protégées. C’est donc à moi de réaliser les démarches administratives liées et notamment de déposer le dossier de demande de dérogation s’il y a lieu.
L’idéal est d’anticiper au mieux en réalisant un diagnostic dès que les travaux sur les bâtiments sont envisagés. Une autre manière d’anticiper au mieux est de réaliser un diagnostic sur l’ensemble de son patrimoine ce qui permet de connaître l’occupation des bâtiments par la faune et la flore, avant même que des travaux soient programmés.
Mon positionnement en tant que maître d’œuvre – architecte
En tant que maître d’œuvre – architecte, je suis tenu d’informer le maître d’ouvrage de la réglementation espèce protégée et du risque important de destruction d’individus ou d’habitats d’espèces protégées inhérent aux travaux. Ma responsabilité peut être engagée, en même temps que celle du maître d’ouvrage pour le non-respect de la réglementation espèce protégée.
Les résultats du diagnostic et les mesures définies sont à inclure dans les dossiers de consultation des entreprises et dans les plannings des travaux. Il est important de tenir informé l’écologue des changements de méthodes mises en œuvre pour les travaux et de planning.
Mon positionnement en tant qu’entreprise de travaux / artisan
En tant qu’entreprise de travaux, je mets en œuvre techniquement les mesures biodiversité prévues. Il n’existe pas de normes, notamment de DTU, pour la mise en œuvre des mesures liées à la biodiversité. Pour connaître les prescriptions techniques :
- rapprochez-vous du fabricant des dispositifs installés pour connaître ces préconisations ;
- respecter les règles de l’art pour l’installation d’éléments singuliers similaires ;
- rapprochez-vous de confrères ayant installés des dispositifs similaires ;
- rapprochez-vous d’un écologue qui pourra vous rediriger vers des entreprises ayant une expérience dans le domaine.
Je suis également susceptible de découvrir des espèces au cours du chantier dans les zones impactées par les travaux (par exemple, il n’est pas rare que des chauves-souris soient découvertes lors de la dépose d’ardoise amiantée). Je suis alors tenue d’en informer le maître d’ouvrage pour qu’il sollicite une expertise et de stopper les aspects des travaux mises en œuvre susceptibles de mettre en danger les espèces découvertes. Les travaux reprendront ensuite avec des mesures adaptées permettant de mettre en sécurité les espèces.
Ma responsabilité peut être engagée, au même titre que celle du maître d’ouvrage, pour les travaux que j’ai réalisé ayant entraîné une destruction d’individus ou d’habitats d’espèces protégées.
Mon positionnement en tant que collectivité
Sur mon propre patrimoine : la collectivité est responsable des travaux sur les bâtiments dont elle est propriétaire et des impacts qu’ils peuvent avoir sur les espèces protégées. C’est donc à elle de réaliser les démarches administratives liées et notamment de déposer le dossier de demande de dérogation s’il y a lieu.
L’idéal est d’anticiper au mieux en réaliser un diagnostic dès qu’est évoqué la possibilité de réaliser des travaux sur les bâtiments. Il est également possible de réaliser un diagnostic de l’ensemble de son patrimoine. Dans certains cas, des compétences internes peuvent être mobilisées, notamment si la collectivité dispose d’un service biodiversité.
Sur le patrimoine de mes administrés : les collectivités disposent de différents moyens pour améliorer la prise en compte des espèces protégées sur leur territoire :
Documents d’urbanisme : certains documents d’urbanismes peuvent inclure des éléments incitatifs ou réglementaire liées à la prise en compte des espèces protégées dans les travaux, les plans locaux d’urbanisme, les ZAC ou les réglements des campagnes de ravalement notamment.
Information : communiquer sur le risque des travaux pour les espèces protégées et la nécessité de les prendre en compte. Il existe différents moyens, notamment au moment du dépôt d’une demande d’autorisation d’urbanisme ou d’une prise d’information auprès d’un guichet pertinent de la collectivité.
Conditionnalité ou incitation financière : certaines collectivités conditionnent des aides pour la réalisation de travaux à la réalisation d’un diagnostic ou financent tout ou partie du diagnostic et des mesures consécutives.
Cas courant
Ces cas courants sont des généralités, la méthode est susceptible de varier en fonction des spécificités du site.
Nid d’Hirondelle de fenêtre sous un débordement architectural

- Programmer l’intervention sur la portion de façade concernée par la nidification de l’hirondelle de fenêtre entre octobre et mars (hors période de reproduction). Entre avril et septembre, déterminé avec l’écologue un périmètre de sécurité adapté aux travaux réalisés.
- Conserver le nid dans le processus, à chaque fois que c’est possible (par exemple, c’est toujours possible dans le cadre d’un ravalement ou d’une mise en peinture de la façade : voir comment procéder)
- Installer au moins 2 nichoirs par nid impacté sous un débordement architectural au plus près des nids initialement occupés, conformément aux exigences de l’espèce. Il peut être nécessaire de recréer un débordement architectural lorsque ceux-ci ont disparus suite aux travaux ou ne sont plus d’une taille suffisante.
Aménagement d’une dépendance occupée par un rapace nocturne

- Programmer l’intervention sur la portion de façade concernée par la nidification en dehors de la période de reproduction de l’espèce concernée. Si des travaux ont lieu en période de reproduction, déterminé avec l’écologue un périmètre de sécurité adapté aux travaux réalisés
- La cavité ne cause pas de désordre (problème structurel ou défaut d’étanchéité) : conserver la cavité telle quelle (ravalement de façade) ou aménager un conduit d’accès à travers l’isolant pour maintenir l’accès à la cavité (isolation thermique par l’extérieur).
La cavité cause un désordre : obturer la cavité en dehors de la période de reproduction de l’espèc après avoir vérifié que celle-ci est inoccupée. - Installer au moins 2 nichoirs par nid impacté au plus près de ceux-ci. et conformément aux exigences de l’espèce ou installer des nichoirs supplémentaires pour permettre à la colonie de s’agrandir.
Chauves-souris dans un interstice

En fonction des cas, le nombre, les espèces et les périodes d’utilisation des coffres par les chauves-souris peuvent grandement varier. Les mesures à mettre en place doivent donc être adaptées en fonction de ces 3 critères (nombre d’individus, espèces, période(s) d’utilisation).
- Adapter le calendrier pour éviter les périodes de présence et/ou de sensibilité des chauves-souris ou appliquer un périmètre de sécurité défini avec l’écologue sur ces périodes. En général, ce sont l’hibernation (± novembre à mi-mars) ainsi que la période de mise-bas et d’élevage des jeunes qui sont évitées (± mi-mai à fin août).
- Conserver les interstices occupés par les chauves-souris, ou a minima des accès à ceux-ci, dans tous les cas où cela ne s’oppose pas fondamentalement à l’objectif des travaux (sécurité, efficacité énergétique, étanchéité) (voir comment procéder).
Si les interstices doivent être obligatoirement obturés, il est nécessaire de faire vérifier l’absence de chauves-souris dans ceux-ci quelques jours avant cette obturation. Si l’interstice est effectivement occupé, le chiroptérologue pourra prendre les mesures nécessaires, en accord avec les autorisations obtenues. Des espaces de report devront exister ou avoir été aménagés au préalable. - Installer des nichoirs de compensation à raison de 3 pour 1 interstice obturé ou des nichoirs supplémentaire pour favoriser l’augmentation de la population.
Dans tous les cas, il est nécessaire de faire vérifier la présence d’autres espèces et de faire valider les mesures prévues par un écologue et les services de l’État (DDT(M) du département).
Questions fréquentes
La faune risquent-elle d’abîmer mes façades ?
Les espèces d’oiseaux et de chauves-souris utilisant les façades, ne creusent pas de cavités ou autres tunnels. Les matériaux rapportés par les oiseaux pour la construction du nid sont des matériaux souples et légers, à l’exception des Tourterelles turques et des Choucas des tours qui utilisent des brindilles et des branchages. Dans certains cas très particuliers, les oiseaux peuvent interagir avec des matériaux de la façade. C’est le cas notamment des Moineaux qui confondent les billes du polystyrène expansé avec des graines et risquent donc de l’ingérer, mettant eux-même en péril leur santé. Dans ce cas, contacter un écologue avant d’intervenir pour éviter de mettre en danger la faune pouvant être présente dans la façade.
La présence de faune au niveau de la façade peut occasionner quelques déjections. À l’exception des Hirondelles, ces déjections sont en général très limitées voire inexistantes à l’aplomb de l’espace occupé. Quelques mesures toutes simples peuvent permettre de faciliter le nettoyage (poser une coupelle au sol sous le nid par exemple).
Les chauves-souris sont-elles dangereuses ?
Les chauves-souris sont des insectivores inoffensives et ne sont pas agressives envers les humains. Au contraire, elles font plutôt dans la discrétion et la plupart du temps, les usagers d’un bâtiment n’ont même pas conscience qu’ils le partagent avec des chauves-souris.
Il faut éviter absolument de les toucher ou de les prendre en main, car cela risque de leur causer stress et maladie. Elles vont également essayer de mordre la main qui les attrape.
Pourquoi la faune s’installe là ? Peut-on la déplacer vers le jardin ?
La plupart des espèces utilisant le bâtiment pour nicher ou s’abriter se sont adaptés à l’habitat humain et utilisent aujourd’hui quasi-exclusivement des constructions humaines. Elles sont de plus pour la plupart fidèles à leurs habitats d’une année sur l’autre. Si elles perdent leur habitat, elles vont chercher un habitat de substitution le plus proche possible en termes de localisation et de caractéristiques.
Par exemple, remplacer un espace occupé par un couple de Martinet noir par un nichoir dans un arbre à des chances de succès quasi-nulles.
Qui contacter
Pays de la Loire
Conseils & expertises biodiversité
- LPO Pays de la Loire – site web – ✉ valentin.maugard@lpo.fr – 🕿 02.41.44.44.22
Expertises biodiversité
- SCE – site web – ✉ sce@sce.fr– 🕿 02.51.17.29.29
- Safolia – site web – ✉ mathias.richard@safolia.fr– 🕿 07.65.86.63.03
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Ce que dit la loi – textes de références :
La plupart des espèces occupant les bâtiments sont des espèces protégées c’est à dire que :
« sont interdits : […]
- La destruction ou l’enlèvement des œufs ou des nids, la mutilation, la destruction, la capture ou l’enlèvement, la perturbation intentionnelle […] d’animaux de ces espèces.
- La destruction, l’altération ou la dégradation [des] habitats d’espèces. » (ici, les habitats d’espèces sont la partie des fenêtre occupées) (article L411-1 du code de l’environnement).
La préfecture peut délivrer des dérogations à ces interdictions à condition « qu’il n’existe pas de solutions alternatives satisfaisantes […], que la dérogation ne nuise pas au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées dans leur aire de répartition naturelle […] dans l’intérêt de la santé et de la sécurité publiques ou pour d’autres raisons impératives d’intérêt public majeur. » (article L411-2 du code de l’environnement).
La violation de ces interdictions « est puni de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende ». (article L415-3 du code l’environnement).
Pour aller plus loin :
- LPO (2025), Rénovation du bâti et biodiversité – Guide technique : lien
- BOREL C., STOETZEL A. et THIRIET A (2023)., Chiroptères et bâtiments – Inventaires et intégration de l’enjeu : lien
Retour d’expérience :
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